À Toulouse, Christian Grosse, enseignant référent aux usages du numérique, accompagne les professeurs des écoles dans l’initiation des élèves du primaire à la programmation informatique. À travers les applications de ONE, il propose des défis ludiques pour faire passer les enfants de simples consommateurs à véritables acteurs du numérique.

Pourquoi proposez-vous un accompagnement à l’enseignement de la programmation informatique ?

Depuis 2015, la programmation figure au programme de l’école, de la maternelle au CM2. Les enseignants, pour la plupart, n’ont eu aucune formation dans ce domaine-là. J’ai donc jugé utile de les accompagner, pour qu’ils lancent ce nouvel enseignement dans leur classe. Mon idée : proposer, aux enseignants qui le souhaitent, des défis à mettre en place dans leur classe. J’ai commencé, l’année dernière, avec 10 classes du cycle 3. Cette année, j’ai étendu le système à une quarantaine de classes de maternelle, une douzaine de classes de cycle 2 et une douzaine de cycle 3. Pour la maternelle, on utilise des petits robots. Pour le cycle 2, il y a un défi “débranché” (sans outils informatiques, ndlr) et 4 défis sur des tablettes que j’ai prêté aux classes. Enfin, pour le cycle 3, ce sont deux défis “débranchés” et 5 défis avec Scratch* sur ordinateur. Les enseignants sont libres d’organiser l’enseignement comme ils le souhaitent. Certains vont le masser sur un trimestre, d’autres le perlent tout au long de l’année.

*Scratch est un langage de programmation qui permet aux enfants de créer des histoires interactives, des jeux ou des animations.

 

“On a parlé pendant un temps de fracture numérique au sujet
du matériel. [...] Aujourd’hui, elle se manifeste davantage
au niveau de l’accompagnement à l’utilisation du numérique.”

 

Selon vous, pourquoi est-ce important d’enseigner la programmation aux enfants ?

Il y a d’abord une raison institutionnelle, puisque que cela fait partie des nouveaux programmes de 2015. Ensuite, il y a des raisons pratiques. On vise, à travers cet enseignement, à rendre l’élève moins consommateur et plus acteur de son utilisation du numérique. En les faisant programmer, on sort du rôle de simple utilisateur et on rentre dans le fonctionnement de l’informatique. En les rendant acteurs du numérique, ils seront par la suite plus adaptables aux changements du numérique. Par exemple, on remarque que quelqu’un qui connaît un peu le fonctionnement d’un ordinateur va pouvoir plus facilement passer d’un logiciel de traitement de texte à un autre. Il subira moins les évolutions des produits qu’il utilisera.

Screen ONE 3

Est-ce aussi une façon de les former aux métiers de demain, aux métiers du secteur numérique qui n’existent pas encore ?

Oui bien sûr ! Et il y a aussi l’idée de l’égalité de tous les enfants face au numérique. On a parlé pendant un temps de fracture numérique au sujet du matériel. Certains étaient équipés, d’autres non. Cette fracture n’existe presque plus. Aujourd’hui, elle se manifeste davantage au niveau de l’accompagnement à l’utilisation du numérique. Il y a des familles qui vont accompagner l’enfant, le surveiller, lui donner des conseils, etc. Tandis que d’autres vont laisser la “nounou numérique” s’occuper de leur enfant. Ils vont le laisser libre, devant une tablette ou un ordinateur, dans une position de consommateur. Pour résumer, la fracture numérique porte, à présent, plus sur les usages que sur l’équipement.

 

“J’utilise l’espace documentaire pour mettre à leur disposition tous les
documents utiles à la réalisation des défis.”

 

Comment ONE vous permet d’initier les élèves à la programmation dans près de 70 classes volontaires ?

D’abord, j’en profite pour leur apprendre à se servir et à connaître ONE. J’ai trouvé ça intéressant de les former à compléter leur profil, leur inculquer la notion d’identité numérique, etc. Ensuite, dans le cadre de l’initiation à la programmation, j’utilise l’espace documentaire pour mettre à leur disposition tous les documents utiles à la réalisation des défis. Dans un blog, j’écris des articles concernant ces challenges. Les cahiers multimédias me permettent de les présenter en images, en vidéos, mais également avec des enregistrements sonores. Puis, après avoir recueilli leurs productions grâce à la messagerie, je les mets en ligne pour faire en sorte que chaque classe puisse consulter les productions des autres classes.

screen ONe

Les élèves sont-ils autonomes dans leur navigation sur ONE ?

Oui tout à fait ! Mais ça dépend des enseignants. Dans certaines classes, les élèves vont aller regarder les défis que je leur propose, vont correspondre directement avec moi et m’envoyer leurs productions. Dans d’autres cas, c’est l’enseignant qui prend en charge cette partie communication, qui va utiliser les ressources que j’ai mises à disposition, pour montrer les défis via un vidéo projecteur numérique, et qui va lui-même m’envoyer les productions des élèves par le biais de la messagerie.

Quels retours avez-vous eu sur votre initiative ?

Les enseignants sont enthousiastes. Certains avaient inscrit leur classe l’an dernier et l’ont inscrite à nouveau cette année. Je ne travaille qu’avec des volontaires. Et je peux intervenir dans la classe pour les aider à mettre en place l’enseignement. Je dirais que ça ne démarre pas trop mal pour quelque chose d’aussi nouveau ! Et les retours des enfants sont très positifs ! C’est quelque chose qui les intéresse vraiment. Ils veulent tous participer. Il y a un vrai engouement.